
Joël Leduc et Michel Husard étaient au sifflet ce dimanche. Le premier est blessé, le second choqué.
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LOIRE-ATLANTIQUE
Le nez en sang, une paupière tuméfiée. « Je ne souviens pas bien de ce qui s'est passé, commente Joël Leduc. J'étais complètement dans le pâté ». Hier, l'arbitre de Carquefou est allé chez le médecin puis à la gendarmerie. Dimanche, il a pris des coups au coup de sifflet final d'un match de troisième division avec le club Nantes Harput (Presse Océan d'hier).
La rencontre a viré à la bagarre générale sur un score franc : 5-2 pour Carquefou. Difficile de cerner les causes du pugilat. « Il y a eu des menaces, des insultes, des provocations », explique Michel Auray à Carquefou.
« Cela fait peur »
Ferhat Ozdemir a le même commentaire pour le club Nantes Harput, qui tient son nom d'une ville turque. « Un joueur de Carquefou a marqué un but et lancé en signe de défi : « Ça, c'est pour les Turcs ! ». Toute une communauté se sent visée dans ces cas-là et toute l'équipe réagit. Mais nous n'avons pas donné le premier coup », assure le président. « Nous attendons les rapports sur ce match, temporisent Alain Martin et Michel Valin, du District de football. La commission de discipline se réunira pour prendre les sanctions nécessaires ». Carquefou et son arbitre ont déposé plainte à la gendarmerie. Un autre match a dégénéré dimanche. La Saint-Pierre de Nantes recevait le FC Janvraie. « C'était épouvantable, assure l'arbitre de la Saint-Pierre, Michel Husard. La bagarre a éclaté à la 70e minute. Les policiers sont intervenus. C'était impossible à gérer. Les coups pleuvaient de partout. Il arrive souvent qu'il y ait des tensions entre deux joueurs. Mais là, c'était de la violence totale. J'arbitre depuis les années 1970. Je ne me suis retrouvé que deux fois face à ce type de situation. Cela fait peur ».
« L'image du foot ternie »
Murat Ozturk, qui gère la Janvraie, essaie de dédramatiser et assure de sa « déception. C'est pénible et lamentable. Deux joueurs se sont disputés dans cette rencontre et cela a dégénéré. On nous provoque souvent. Notre réputation est ternie. Mais quand des joueurs sont violents au club, on ne les garde pas », plaide Murat Ozturk. « Plus de 1 100 matches se déroulent chaque samedi et dimanche sans incident notoire, revient Alain Martin, président du District de football. Il suffit hélas de deux matches, de quelques perturbateurs, pour ternir l'image du football et jeter le discrédit sur le travail et le sérieux de tous nos bénévoles ». La commission de discipline pourrait se réunir dès jeudi.
Emmanuel Vautier
emmanuel.vautier@presse-ocean.com
La gendarmerie a lancé un appel à témoins. Les personnes ayant été témoin de la scène sont priées de contacter le 02 40 50 87 17.
Repères
Lourdes sanctions
La commission départementale de discipline a ouvert sept dossiers d'instruction pour des violences sur les stades de football depuis le début de saison. Deux sanctions importantes ont été prononcées fin janvier pour des coups et blessures : trois ans de suspension pour un dirigeant de Nantes O.Derville après un match face au FC Logne-Boulogne en challenge de District, et sept ans pour un responsable de l'ES-Gâvre après une rencontre avec l'US-Villepot fin novembre. Ce dernier a fait appel de la décision.
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